Humeur

Parce qu'il est bon parfois de se lâcher, ces billets traduisent une réaction d'humeur; en général, mauvaise.

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vendredi 28 décembre 2012

Vœux 2013

Je souhaite à tous ceux qui passent parfois sur ce blog de passer de bonnes fêtes de fin d'année et leur prie d'accepter tous mes vœux pour la nouvelle année qui s'annonce riche en nouvelles technologiques.

J'espère que le Père Noël des Geeks a su se montrer généreux tout en faisant preuve de discernement dans la liberté laissée par les cadeaux qu'il a déposé sous les sapins; pas d'iBidules ni trop d'Andro-machins; d'autant que les alternatives libres ne vont pas tarder à pointer le bout de leur nez.

"La route est longue, mais la voie est libre." dit la devise de Framasoft; continuons à la parcourir ensemble.

dimanche 26 août 2012

Un dernier pas ...

Le titre de ce billet à beau sonner comme un clin d'œil, je l'écris avec une grande émotion.

Niel Armstrong, l'un de mes trois héros d'enfance est allé rejoindre les deux autres dans cette sorte d'immortalité que confère une gloire universelle.

Pas de grande phrase cette fois, juste un cœur lourd et triste.

vendredi 17 août 2012

Dépêchez vous d'acheter un ordinateur ...

... tant qu'il existe du matériel neutre ! Tant que le code qui le fait fonctionner peut se changer pour un code Libre et propre. Tant que des projets comme Raspberry Pi, Firefox OS ne sont pas déclaré subversifs, voire carrément illégaux.

J'ai l'air remonté ? Je le suis, et je m'explique.

Fabriquer un alambic est simple; s'en servir correctement, un peu moins. Mais il est toujours possible de trouver les renseignements nécessaires sur Internet (à moins d'avoir un grand père dans le Gers, la chance).
Seulement voilà, il est juste interdit de fabriquer, détenir ou utiliser un alambic sans toute une foule d'autorisations, déclarations, taxes et autres tracasseries. Ce n'est pas impossible, c'est illégal; et pour les contrevenants, les conséquences sont salées ! Preuve que, s'il l'avait pu, le législateur aurait rendu le forfait impossible.

Va-t-on voir bientôt révolue l'époque où la possession d'un PC indépendant, libre, n’obéissant qu'à son propriétaire-utilisateur était encore possible ?
Les machines de ce type vont elle devenir aussi illégales que les alambics ?
Devra-t-on bientôt déclarer l'installation et l'usage d'un logiciel libre ?
L'activité de développeur va-t-elle devenir une profession encadrée, surveillée, comme celle de bouilleur de cru ?

A la vitesse où vont les choses, dans l'indifférence générale, voire avec la complicité active des politiques (voir ACTA et ses avatars récurrents, présent et à venir), il ne sera bientôt plus possible de faire confiance au moindre circuit intégré[1], plus enclin à obéir à son fondeur ou à ses commanditaires qu'à vous, son soit-disant "propriétaire".

Qu'arrivera-t-il le jour où le couple matériel-logiciel sera indissociable ? Pire, le jour où tout le logiciel sera gravé, non pas dans le marbre, mais dans le silicium ? Ce jour n'est pas si lointain, et à voir les guerres que se livrent les "big compagnies" du secteur, toutes n'ont que ce but en tête et voudraient déjà y être ... et avoir gagné.

Alors bien sûr, quand ça arrivera, on vous expliquera que c'est pour "votre bien", pour que votre PC ou votre tablette démarre plus vite et soit protégée de tous ces vilains virus. Et vous serez nombreux à trouver ça "génial".

Les mêmes arguments fallacieux, surfant sur le désir sécuritaire, sont serinés en permanence aux oreilles des décideurs par des lobbies jamais en manque de moyens (voir le budget de Microsoft). Ils espèrent ainsi assoir leur pouvoir par un système bien connu, vieux comme le monde, probablement mis au point par le premier chamane : maintenir les gens dans l'ignorance.

La citation de Benjamin Franklin me trotte dans la tête de plus en plus souvent : "Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux."

Alors dépêchez vous d'acheter (ou mieux, d'assembler) une machine. Faites en la vôtre en y installant un système Libre. Apprenez à vous en servir, elle vous le rendra bien.
Et si le cœur vous en dit, apprenez à créer des Programmes Libres. Ainsi, quand les autres ne sauront plus (ne pourront plus) qu'acheter sur les AppsStores, vous aurez encore le choix.

Note

[1] Je repense à une affaire récente. En quoi les routeurs de Cisco sont-ils plus dignes de confiance que ceux de ses concurrents chinois, ZTE ou Huawei ? Les deux tournent avec du code propriétaire et sont construit avec des circuits intégrés "maison", eux aussi protégés par le secret industriel. Voilà une question à poser à Jean-Marie Bockel.

mardi 6 septembre 2011

Mon ordinateur est un atelier ... d'artiste

Comment appréhendez vous ce cyber-espace qui semble se trouver dans votre ordinateur, juste derrière votre écran, à portée de votre souris ? Quelle est la représentation mentale que vous utilisez pour manipuler toutes les facettes de cet univers immatériel qui devient chaque jour de plus en plus le notre ?

Je viens de réaliser, à la lecture d'un commentaire de Philippe Scofoni sur son blog, que mon utilisation des bureaux est bien différente de celles qui ont certainement inspiré les créateurs de ces nouvelles interfaces qui fleurissent un peu partout; de Windows8 à OS-X Lion et, plus proche de moi, Gnome3 et surtout Unity. De là à y trouver l'explication de mon rejet, il n'y a qu'un pas.

En fait, je ne fonctionne pas mentalement "par activité" ; d'où mon insatisfaction devant ces Gnome3 et autres Unity dont c'est l'approche assumée. Je ne me dis pas : "Tiens, je vais retoucher des images." en attendant de me retrouver devant un espace de travail où se trouveraient rassemblés, disponibles, tous les outils liés à cette activité.
Non ! c'est trop séquentiel pour moi.

Je ne fonctionne pas non plus "par type d'application" : un bureau pour internet, un pour le jeu, un pour le graphisme, etc. Je suis d'accord avec Philippe c'est une organisation bien trop rigide. J'y vois comme un parallèle avec le choc de l'entrée au collège où il faut apprendre à changer de salle pour changer de matière; ça gène une approche globale de l'acquisition des savoirs.
Et je n'aime pas trop les cloisonnements.

Faute d'une meilleure appellation, disons que je fonctionne plutôt "par sujet"; ou "par idée".

Parce que si, pour moi aussi, "activité = combinaison d’applications", je fonctionne à un niveau plus global où "sujet = combinaison d'activités". Et mon ordinateur est mon assistant sur tous les sujets à la fois, au fur et à mesure qu'ils se présentent (et j'ai rarement une grande prise sur l'ordonnancement de toutes ces sollicitations).

Le meilleur parallèle que j'ai pu trouver est l'atelier d'un peintre où il y aurait plusieurs chevalets avec, sur chacun, une toile en cours, et posés à coté une palette, des couleurs, des pinceaux. Il y aurait des huiles, des aquarelles, et une ou deux statues aussi, ou des moulages de terre glaise. Et le transat près de la chaine hifi pour reposer ses yeux en ouvrant ses oreilles. Et le fauteuil près de la fenêtre pour lire confortablement. Et la table basse autour de laquelle, avec ses amis, on refait le monde en discutant et en buvant l'apéro.

Et tout ça dans une même pièce ! Mais ce qui peut sembler être un capharnaüm à d'autres est en fait la projection minutieusement orchestrée d'un esprit global, multi-tâches, qui les mène en parallèle et simultanément. Cette forme d'organisation dont seul l'auteur comprend la logique et qu'on nomme : vrac[1].

Toutes proportion gardées (je ne suis pas un artiste), j'y retrouve cette façon d'être que j'avais, enfant, où j'ouvrais mes cahiers sur des pages neuves pour faire mes devoirs; un pour le français, et un autre pour les maths, etc. Et le bureau étant rapidement trop petit, les livres et les cahiers ouverts finissaient par recouvrir le lit, le sol ...

Si je reviens à mon utilisation de l'ordinateur, j'ouvre un bureau[2] à chaque fois que que je me lance sur un sujet. Et il est presque certain qu'il induira plusieurs activités, souvent les mêmes que pour le sujet sur lequel je travaille sur le bureau d'à coté. Mais dans mon esprit, il s'agit bien de deux univers séparés.

j'ai par exemple un Firefox d'ouvert sur chaque bureau, et dans chaque Firefox, des dizaines d'onglets[3] en rapport avec le sujet que je traite sur ce bureau.

Si j'ai besoin de mettre un sujet en attente, je crée un dossier de raccourcis qui contient tous les onglets ouvert dans cette fenêtre. Je les ré-ouvrirais tous dans une autre fenêtre vide sur un autre bureau, vide aussi, à un autre moment.

Ce sont au contraire les programmes qui ne se lancent pas plusieurs fois qui me gênent; comme The Gimp. J'ai souvent deux documents en cours de rédaction ouverts sur deux bureaux différents. Pour y insérer des illustrations, il est parfois nécessaire de retoucher une image prise sur le web, ou une capture d'écran. Avec Gimp, j'étais toujours ramené sur le bureau où je l'avais ouvert la première fois et où finissaient par s'accumuler des images sans rapport entre elles, provenant de plusieurs sujets. Voilà ce qui pour moi faisait désordre. Mais il faut croire que je n'étais pas le seul à trouver ce fonctionnement horripilant puisqu'une option (-n) permet de lancer autant de Gimp que vous voulez.

Si cette petite astuce vous semble utile, c'est peut-être que vous êtes un peu comme moi.

Notes

[1] VRAC : Véritable Révolution dans l'Approche du Classement.

[2] Quasiment tous les gestionnaires d'interface du monde GNU/Linux (les Windows Manager comme Gnome) permettent de disposer de plusieurs espaces de travail séparés appelés "bureaux". J'en ai en permanence entre 4 et 8, et mon Cube (Compiz Fusion) ressemble très souvent à un praxinoscope.

[3] je les gère avec deux extensions, Tab Mix Plus et Easy DragToGo, qui me permettent d'en avoir bien davantage en les gérant plus simplement; j'en ai déjà parlé ici.

jeudi 7 juillet 2011

Bloc-notes Google, Firefox ne veut plus !

Je vous ai expliqué comment ressusciter une extension à l'abandon pour la faire accepter par Firefox. Et avec l'accélération de la sortie des versions, c'est de plus en plus nécessaire.

J'étais obligé de le faire pour deux extensions, Easy Drag to Go (qui n'est plus maintenue que par un chinois) et le bloc-note de Google, abandonnée par ce dernier[1], mais que des utilisateurs entretenaient dans le secret espoir que, comme pour Wave, Google libère le code de la partie serveur.

C'était sans compter sur un coup d'arrêt porté par ... Mozilla.

Google Notes Add-on for Firefox

Même modifiée pour que le fichier .rdf indique une compatibilité avec la version 5, l'installation est rejetée au prétexte que l'archive est peut-être corrompue; ce qui visiblement n'est même pas la vraie raison, puisque c'est Mozilla qui a "décidé que".

Il faut donc :

  • trouver une solution de rechange aussi pratique et fonctionnellement équivalente
  • y rapatrier les données actuellement chez Google.

C'est presque fait avec Scrapbook (extension Firefox) + DropBox (service de synchronisation via le "Cloud"). Je détaillerais la mise en œuvre dans un prochain billet.

Mais je trouve que l'attitude de Mozilla sur ce coup est la même que celle qu'ils condamnent chez d'autres acteurs du Web. Ils n'ont pas à décider à ma place de ce que je veux installer sur ma machine !

Qu'ils préviennent, oui; qu'ils imposent, non !

Notes

[1] Mais le service Google Notes fonctionne encore.

samedi 15 janvier 2011

Jobs, Stallman et ... La Fontaine

Est-ce l'effet de l'age, ou de mon expérience,
qui me pousse à me retourner aussi souvent,
sur un passé qui s'enfuit trop rapidement ?
Mais là, la Fable vaut bien plus que la Science !

Si la firme à la pomme a des clients captifs
c'est qu'ils le veulent bien. Et je suis très heureux
qu'un développeur eût été plus pointilleux,
qu'il ait fuit ce modèle et le joue 'collectif'.

Relisez "Le loup et le chien", de La Fontaine
et méditez un peu sur la leçon donnée.
Choisissez votre camp; du client fortuné
qui croit que tout peut s'acheter et qui s'enchaine,

ou de celui, plus prudent, qui partage
et qui rêve d'un monde où tous sont comme lui,
qui ne confond pas la valeur et le prix
et refuse d'offrir sa liberté en gage.

Bon, soyons plus sérieux et moins lyrique, le sujet fait débat : "VLC bouté hors de l'App Store", et c'est la querelle entre ceux qui croient que tout leur est dû[1], et ceux qui, droits dans leurs bottes, campent sur des principes qu'ils clament non négociables.

Ma préférence va clairement aux seconds, même si je connais des spécimens de la première espèce[2] que je charrie souvent en leur disant qu'ils sont plus à plaindre qu'à blâmer.

Visiblement, rien ne surprend davantage un snob que de se faire snober; il ne s'y attend pas et crie à l'injustice, comme un vrai Kuzco![3]. C'est pourtant de cette division du monde en deux parties qu'il est question. Acheter un appareil griffé de la pomme est souvent vécu comme l'accession à une sorte de club; il y a "ceux qui en sont", et "les autres". De là à ce que deux camps se définissent, puis se replient sur eux mêmes en devenant des clans, et le décors est planté pour que les agressions commencent.

Concernant VLC, le divorce est consommé entre deux points de vue inconciliables. Faut-il un responsable ? D'autant qu'il n'est pas certain que ce soit celui qui a ouvert les hostilités.

Je n'ai pas le talent de l'illustre Jean, mais je me fendrais bien d'une morale :
"A sectaire, sectaire et demi."

Notes

[1] Et c'est bien normal qu'ils le croient, si l'on se réfère aux messages marketing qui les ont poussés à acquérir, cher, le Graal grâce auquel tout devient possible.

[2] Comme ce sont des amis, ils se reconnaitront mais ne m'en voudront pas (du moins, je l'espère).

[3] En revisionnant le générique de ce dessin animé, je n'ai pu m'empêcher d'imaginer le longiligne Steve en costume Inca lors d'un KeyNote; essayez, c'est tordant.

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