Personnel

Il n'y a qu'une chose d'un peu intime dont je parle volontiers et même avec une pointe de fierté; c'est ce que j'appelle mes racines.

Sète, l'Ile singulière où je suis né, comme Brassens; le Cameroun, et à travers lui, une certaine Afrique; et Bordeaux où je réside avec un plaisir qui grandi chaque jour; trois lieux que j'ai reçus comme des cadeaux de la chance, et qui chacun à leur façon ont fournit les briques d'expériences et de souvenirs qui ont bâti une personne; moi.

Une bouffée de souvenir, un évènement qui en fait relaillir un autre du fond de la mémoire, et un billet vient s'inscrire dans cette catégorie.

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mardi 20 mars 2012

Google et le nom de l'auteur

Il y a longtemps que je sais que mon nom est issu d'un prénom d'origine italienne.

Mais jusqu'à présent, Google le voyait surtout sous la forme d'un monstre, certes indéniablement beau (j'ai même été primé pour cela), mais peu sympathique et pour tout dire, plutôt annonciateur de catastrophe. Et en poursuivant les recherches, c'était pire !

Maintenant, et je ne m'en plaint pas, Google met en avant une rapporteur de l'ONU qui œuvre pour l'accès à l'eau potable des populations défavorisées.

Quant à moi, j'ai maintenant une place sur la première page, après un artiste peintre et un fabriquant de chaussures il est vrai. mais quand même.

vendredi 7 janvier 2011

Ma mairie sur Facebook ?

A la suite d'un article sur un hub Viadeo, j'ai lu une étude qui s'étonne de la faible présence des mairies sur Facebook, alors même que ce site vient d'enregistrer son 600 millionième adhérent.

L'étude part de constats chiffrés et remarque que nos mairies ne s'empressent pas de créer des Fans Pages officielles, alors qu'à coté, des fans clubs officieux voient leurs nombres d'amis exploser.

J'ai laissé passer la première réaction qui est de dire qu'effectivement, voir une mairie créer cet espace pour y rassembler et y faire se rencontrer et débattre ses administrés pourrait avoir du sens. Peut-être une première pierre posée de cette démocratie participative que certains appellent de leurs vœux.

Mais mes réflexes de libristes ont eu tôt fait de me rattraper et après réflexion, je n'y suis pas favorable. Et je regrette un peu l'attitude de la ville où je réside, Bordeaux, qui n'a pourtant cédé à cette tentation que le 10 novembre dernier[1] pour afficher sur son mur certaines annonces de son canal Twitter.
Pourquoi ? Je m'explique.

Dans la Vraie Vie (IRL[2]), les municipalités mettent à la disposition du public des lieux, comme la place du village, où les gens qui le souhaitent se rencontrent et échangent, et les élus locaux ne sont pas les derniers à venir y rencontrer leurs administrés; même si des esprits chagrins feront remarquer que c'est plus volontiers à l'approche des échéances électorales qu'ils adoptent se comportement.

Bordeaux possède de nombreux lieux de ce type, qu'il serait péjoratif de traiter de "place de village", mais qui remplissent une fonction similaire, sorte d'Agora moderne. Les étudiants savent bien que pour se retrouver avant de sortir, le lieux de rassemblement tacite, c'est Place de la Victoire. Et dans chaque espace disponible, un usage se développe et un public se reconnait.
Mais ce sont des espaces publics ouverts, pas les salons de l'Hôtel de Ville; on ne va pas à la Mairie comme on va au Café du Commerce.

De son coté, la mairie de Bordeaux publie un site plutôt riche en informations et en services aux citoyens. On y trouve même un espace d'échange, version internet de la consultation publique. Mais on n'y trouve pas de forum où chacun peut lancer un sujet ou y répondre, rôle du mur dans une page Facebook.
A chaque lieu, fusse-t-il virtuel, ses usages et sa finalité. Ici, on communique, ailleurs, on discute, on échange, on papote.

Pour finir, et sans vouloir crier au Grand Satan à l'encontre de Facebook, je trouve pour ma part déplacé, de la part d'une émanation de l'état, officiellement et théoriquement exemplaire (ou devant s'efforcer de l'être) qu'elle me pousse plus ou moins directement à participer à ce qui est probablement l'une des plus grande collecte de données privées réalisée à l'échelle de la planète.

A titre d'exemple; j'ai reçu récemment un mail d'une grande enseigne de distribution me conviant à un jeu-concours "Gratuit et sans obligation d'achat", comme le veut la formule consacrée. En examinant de plus près cette offre, je me suis aperçu que pour participer, il fallait avant toute chose s'inscrire comme "Fan" de la page du distributeur en question.

Alors certes, on ne m'obligeait pas à acheter un bien quelconque, mais j'étais obligé de donner, définitivement et sans contrepartie directe, une parcelle de ce "Social Graph"[3] qui à tant de valeur aux yeux de la régie publicitaire de Facebook. Du coup, la participation devenait à mes yeux payante, au contraire de l'étude marketing que s'offre ainsi à peu de frais le distributeur organisant l'évènement.

La gratuité n'existe pas, tout le monde en est maintenant convaincu; et les données personnelles sont une matière première que des sites comme Facebook savent affiner et recouper pour leur donner plus de valeur que vous ne pensez quelles ont.
Il convient de se demander comment ces soit disant offreurs de services se payent.

Notes

[1] Elle n'avait pas encore basculée à la date de l'étude, et la date d'écriture de ce billet, la page Facebook "Bordeaux, ma ville" n'a pas encore atteint les 1000 fans, alors que la page officieuse "I Love Bordeaux" a dépassé les 100000 !

[2] IRL : acronyme de In Real Life; littéralement, "Dans la vie réelle"; utilisé pour faire la différence avec ce qui ce passe sur les réseaux, IRC à l'origine, et dont Facebook est un des descendants.

[3] On lira avec intérêt ce billet, hélas un peu technique pour beaucoup, qui montre la simplicité avec laquelle il est possible d'exploiter l'immense masse de données et de relations qui dorment (pas pour tout le monde) dans les serveurs de Facebook.

dimanche 2 janvier 2011

Bonne Année 2011

Pour la deuxième fois sur ce blog, je souhaite à tous ceux qui me font l'amitié de me lire une

Bonne et Heureuse Année 2011 !!

Rhums, jeune et vieux

Qu'elle apporte à tous bonheur, santé et réussite; et que la chance nous accompagne tout au long de ces 365 jours.

A bientôt.

samedi 2 janvier 2010

Bonne Année 2010

Période creuse pour ce blog, mais intense sur le plan personnel, que ces fêtes de fin d'année.

Alors aux lecteurs de passage que je n'oublie pas, j'envoie tous mes vœux de réussite, de bonheur, de santé et de tout ce qui à de l'importance à leur yeux pour cette nouvelle année qui commence.

Santé, Bonheur et Prospérité !

A bientôt.

jeudi 17 septembre 2009

Générativité, une vision darwiniste du web ?

Ce n'est pas la première fois qu'un des billets de Tristan NITOT, sur le Standblog, traite de générativité[1]. Dans le dernier en date, où elle est rebaptisée[2] bidouillabilité, l'un des commentaires débute ainsi : "c'est bon pour l'évolution".

En le lisant, j'ai pris ce mot au sens que lui donne Darwin dans l'ouvrage qui fonda sa théorie de l'évolution des espèces. Et le parallèle m'a semblé assez frappant pour que je le livre ici.

La bidouillabilité d'une application est sa capacité à être transformée par ses utilisateurs, détournée de sa finalité première, assemblée à d'autres. Avec une quantité suffisante de temps et de bidouilleurs, on abouti à une profusion hasardeuse de résultats différents qui sont autant de réponses à des questions qui n'étaient même pas posées au départ. La variété ainsi engendrée, diffusée et partagée largement comme seul Internet le permet (encore) et confrontée à la réalité d'autres utilisateurs, subi de lourdes pertes pour ne sélectionner que les idées et les solutions qui, si elles sont aussi "bidouillables" que leurs génitrices[3], participeront au prochain bond en avant, et ainsi de suite.

Je ne m'étends pas davantage, la ressemblance avec la sélection naturelle est claire. C'est la survie du plus apte pour chaque environnement, saine méritocratie présente dans de nombreux domaines du Web.

Mais Darwin a de farouches opposants, les Créationnistes. Le tableau de la générativité entre en conflit avec cette sorte d'Intelligent Design que représente un logiciel fermé et propriétaire.

En effet, ce dernier procède bien d'un Dessein Intelligent, même si cette intelligence est généralement mercantile. Tel un organisme génétiquement modifié, il est stérilisé pour ne pas pouvoir être réutilisé, et protégé par des brevets destinés à lui conserver sa valeur par l'organisation de sa rareté. Ses mutations ne laissent place à aucun hasard; au contraire, chacune des créations obtenue participe à grand plan (marketing ?) qui prévoit le rythme des versions comme autant d'appel de fonds, déjà budgétés et promis aux actionnaires.

Ces produits n'héritent que de la seule créativité de leurs auteurs qui, concurrence et réalisme économique oblige, font rarement preuve d'audace, préférant distiller lentement chaque variation pour se donner le temps d'en tirer le maximum de bénéfice. Le résultat ? Toutes les tomates font le même diamètre, toutes les voitures se ressemblent (pour un segment de marché donné), tous les téléphones portable sont devenus tactiles, et bientôt multi-touch. Lorsqu'elle ne se fait que contre un nombre limité d'adversaires, la lutte pour la survie se transforme en uniformisation.

J'ai choisi mon camp, je suis farouchement évolutionniste. Et vous, vos logiciels, vous les préférez comment ? Naturellement sélectionnés et bidouillables ou OGM et cadenassés ? C'est comme pour votre nourriture; pensez à votre santé à long terme !

Notes

[1] Ce néologisme est la traduction de l'anglais "hackability" dont Tristan donne une bonne définition dans ce billet.

[2] L'adoption pérenne d'un néologisme est en soi un bon exemple de bidouillabilité de la langue, plusieurs vocable apparaissent pour recouvrir une chose, un concept, une idée; la sélection fait le reste, un seul subsiste (et c'est rarement celui qui est choisi par l'Académie Française).

[3] On peut voir ici l'importance des licences virales comme la GPL qui permettent de s'assurer qu'une bonne mutation ou un bon gène ne finisse pas dans un enclos ou un tube à essai d'un laboratoire privé

lundi 17 août 2009

One size fit all ... ou pas

Ayant été militaire, j'ai pu juger de l'intérieur des effets de l'uniformisation et apprécier les aspects à la fois efficaces et pervers de cette pratique. Et encore, dans ce cas là, les buts recherchés son avoués et assumés.
Dans d'autres domaines, j'ai toujours pensé que les diverses formes de panurgisme ne font qu'entrainer à terme un nivellement par le bas et un appauvrissement global.

Une histoire drôle que m'a racontait mon père me revient de plus en plus souvent en mémoire en ces temps où le marketing est roi, où le miracle de la communication donne aux fausses innovations l'apparence d'un futur forcément meilleur, mais vendu plus cher, ce qui, quand on y réfléchit un peu, s'avère être la seule véritable différence.

Cette histoire, c'est celle de la machine à raser.

Un homme, comme tous les jours, sort de chez lui le matin pour aller travailler. Comme tous les jours, il fait un crochet par le troquet de son quartier pour y prendre un petit café, histoire de bien entamer sa journée.
Sur le chemin, il remarque ce qu'il prend au premier abord pour un Photomaton, qui n'était pas là la veille. En s'approchant, il se rend compte de son erreur en lisant les inscriptions que porte la cabine : "Machine à raser", "Un nouveau service de proximité !", "Panne de réveil ! Rendez-vous imprévu ! Soyez impeccable !".
Il poursuit son chemin et arrive au café. Il y retrouve comme chaque matin les habitués du lieu et leur fait part de sa découverte. S'engage alors une discussion sur toutes ces merveilles que le progrès rend chaque jour possible. Et comme dans tous les bars de quartier pour que la discussion s'anime il faut que les avis divergent, un opposant auto-proclamé au progrès cherche tous les arguments possibles pour dénigrer l'objet. A un moment, pensant avoir déniché un atout maitre, il assène : "Ça ne marchera jamais, d'abord, on n'a pas tous le même menton !"
Et là, quelqu'un entre dans le bar, le visage entouré de bandages, et dit : " Avant, non ! Après ..."

Pendant de nombreuse années, cette histoire m'a fait rire. Et puis, j'ai commencé à la trouver amère, au fur et à mesure que l'uniformisation des gouts et des comportements gagnait du terrain. Pour ratisser une clientèle plus large, on recherche le consensus, la voie médiane, celle qui est censée rassembler; et ce faisant, on se nourrit de passé, alors que l'innovation doit dévorer le futur, au risque de se casser les dents en cherchant à diverger pour ouvrir de nouvelles possibilités.

De fusions en acquisitions, jusqu'à des positions de quasi monopole, on constate la diminution du nombre de logiciels proposés au public par les éditeurs de solutions propriétaires. On ne crée plus, on copie; et au lieu d'inventer de nouvelles solutions à des problèmes réels, on fabrique des besoins besoins nouveaux pour vendre une nouvelle fois la solution de l'an dernier à peine remaquillée.
De l'explosion foisonnante de ses débuts, de tous les petites solutions logicielles existant alors, il ne reste que celles défendues par quelques grosses entités, comme si un phénomène d'accrétion s'était produit, faussant par la puissance financière, ce qui aurait dû être une sélection naturelle par la qualité (ou du moins, par le choix des utilisateurs).
En réduisant la variété des solutions proposées, on réduit la capacité à créer des assemblages ou des usages originaux. Condamnés à se servir des mêmes outils, les utilisateurs ayant les mêmes tâches à réaliser ou les mêmes problèmes à résoudre finissent par œuvrer de la même façon.
Difficile d'obtenir un avantage par l'astuce ou l'originalité. Dans un monde uniforme, la masse à toujours raison.

A contrario, le monde de l'Open Source fait encore preuve d'une grande variété. Parfois trop, si l'on en croit ses détracteurs. Libérés qu'il sont des contraintes de rentabilité, tous les logiciels, si faible soit leur audience, ont un égal droit de cité.
Même sur des logiciels très ciblés, voire confidentiels, on trouve des groupes actifs de mainteneurs et d'utilisateurs, qui se connaissent (virtuellement) et s'entraident (réellement). Ils ne partagent pas que le problème, mais aussi leur vision de ce que doit être la solution. Et cette vision évolue au gré des fusions et des scissions entre projets[1], constituant une source d'innovation bien plus créative que le seul business plan d'un responsable marketing, un œil rivé sur le bilan comptable et l'autre sur le cours de l'action.

A ses débuts, l'informatique hésitante, sortant à peine de ses laboratoires, produisait à grand frais des résultats chers, rares et précieux, tels des robes de haute couture. Et puis l'industrialisation est venue, abaissant les coûts, démocratisant la chose en inventant une sorte de prêt à porter; et tout le monde pu goûter à ses bienfaits et rêver à ses promesses.
Cette démocratisation, le modèle Open Source s'en sert pour multiplier les réalisations originales et donner sa chance à un maximum d'idées. C'est cette caractéristique qui me fait parier sur la survie à long terme de l'Open Source; cette vivacité basée sur le foisonnement.
A l'opposé, dans une approche de rentabilisation par la rationalisation, les éditeurs de logiciels produisent ce qui ressemble davantage à la pire des abominations que connaisse la mode, la taille unique; celle qui, sous prétexte d'aller à tous, ne va bien à personne.

Restons vigilant, s'ils gagnent, il se pourrait qu'un jour il n'y ait plus que deux tailles : "Trop grand" et "Trop petit".

Notes

[1] Les geeks parlent de Merge ou de Fork pour les nommer.

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