Personnel

Il n'y a qu'une chose d'un peu intime dont je parle volontiers et même avec une pointe de fierté; c'est ce que j'appelle mes racines.

Sète, l'Ile singulière où je suis né, comme Brassens; le Cameroun, et à travers lui, une certaine Afrique; et Bordeaux où je réside avec un plaisir qui grandi chaque jour; trois lieux que j'ai reçus comme des cadeaux de la chance, et qui chacun à leur façon ont fournit les briques d'expériences et de souvenirs qui ont bâti une personne; moi.

Une bouffée de souvenir, un évènement qui en fait relaillir un autre du fond de la mémoire, et un billet vient s'inscrire dans cette catégorie.

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 21 juillet 2009

Premier pas

Je venais juste d'avoir 13 ans. Mon père m'avait réveillé un peu avant 4 heures du matin, et tous les deux, nous regardions le petit poste de télévision qui trônait dans la salle à manger. Comme 500 millions d'autres terriens, nous étions concentrés sur ces petites tâches floues, d'un gris plus ou moins clair, dans lesquelles nous tentions de reconnaitre l'un de ces astronautes qui avaient peuplé mes rêves d'enfant.

Et puis ce fut fait, sous mes yeux qui piquaient de s'être trop longtemps écarquillés, Niel Armstrong posa son pied sur le sol de la lune en prononçant une phrase qui allait rentrer dans l'histoire. Et mon père de me citer tant bien que mal un philosophe chinois[1] en m'expliquant que même le plus long de tous les voyages commence par un simple pas; reprenant à son compte l'émotion de ce moment unique pour graver dans ma mémoire que, où que l'on veuille aller, quoi que l'on veuille faire, il faut vaincre sa peur et se lancer.

La même année, loin des caméras et du tapage médiatique qui entourait les exploits de la course à la lune, Marcian Hoff posait les bases du circuit logique qui allait permettre à Intel de créer, 2 ans plus tard, le tout premier micro-processeur : le 4004. Le premier pas de la grande aventure qui nous permet peu à peu d'informatiser tous les aspects de notre vie venait d'être fait. J'ignorais, comme probablement toute la planète, que cela allait engendrer une immense industrie au sein de laquelle j'allais effectuer ma vie professionnelle. Cette propagation, je l'ai vécue de l'intérieur, j'y ai même œuvré, à mon échelle, au gré des circonstances, en n'oubliant jamais que faire le premier pas sur un chemin nouveau est nécessaire pour espérer atteindre le but auquel il promet de mener.

Quarante ans après mon idole de jeunesse[2], jour pour jour, je fais moi aussi un énième premier pas : je mets en ligne ce blog; en exploitant des milliers de successeurs du 4004 pour le créer, le stocker, le publier. A vous, lecteur, qui en utilisez des milliers d'autres pour y accéder; je souhaite la bienvenue.

Et bien que la motivation pour ouvrir ce blog soit principalement professionnelle, j'y placerais de temps à autre quelques-unes des réflexions qu'inspire le privilège d'avoir pleinement vécu les 40 dernières années.

Notes

[1] J'ai appris depuis qu'il s'agissait d'une citation de Lao Tseu.

[2] Niel Armstrong partage ce podium avec Cyrano de Bergerac et Peter Pan.

page 2 de 2 -