Professionnel

Cette catégorie regroupe les billets en relation avec ce qui constitue mon métier, le conseil en informatique, la formation ou l'expertise en entreprise. J'y retrace les réflexions que suscite ma veille technologique et les expériences que mes activités me font vivre au quotidien.

J'y place aussi les informations en rapport avec mes activités associatives au sein de l'ABUL et de l'organisation de RMLL (Rencontres Mondiales du Logiciel Libre).

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mercredi 3 novembre 2010

IE9, invité de l'école des fans

Ça a fait le tour du web depuis 48h :

  • MacPlus : Explorer 9 : premier sur l’HTML5
  • ZDNet : Conformité avec le HTML 5 : Internet Explorer 9 devance les autres navigateurs
  • 01Net : IE9 en tête des premiers tests HTML 5 du W3C

Alors ? Microsoft de nouveau leader ? Le croire serait aller un peu vite en besogne.

Ce que tout le monde à noté, c'est que le test pris en considération était particulièrement bien ciblé. Je cite MacPlus (qui cite Wired) :

"En revanche, d’autres éléments de l’HTML5 n’ont pas encore été testés, comme les animations SVG, le glisser/déposer ou le stockage en local. Et d’après Wired, Explorer 9, auquel il manque le support de nombreuses fonctions CSS3, serait tombé au combat loin de ses camarades si le W3C avait creusé plus loin."

D'ailleurs, le W3C rappelle que le HTML5 est encore en cours de spécification et ne cache pas la nature partielle de ce premier jeu de test.

En créant autant de tests que de navigateurs et en les ciblant de la bonne façon, il est probable que chacun ressorte premier au moins une fois.
Comme à l'École des Fans : Tout le monde a gagné !
Ou l'art de faire dire tout et n'importe quoi aux chiffres pour faire du Buzz.

Il n'empêche, tout le monde attend beaucoup d'IE9. Une réussite signerait la fin des applications legacy spécifiques à IE6, voire IE5, qui sclérosent les SI de presque toutes les grandes entreprises.

Donc, au final, il y aura du travail pour les refaire, si possible dans le respect des normes[1], donc avec une ouverture à plus de concurrence (c'est toujours bon pour les prix), et un créneau tout trouvé pour le Libre et sa tendance naturelle à la pérennité (formats ouverts, respect des normes, etc.)

Et pour le DSI, une baisse des coûts de développement de projets qui n'auraient plus à gérer X spécificités mais une seule norme. Un gain estimé de -60% sur l'interface des sites (le fameux Ajax), c'est presque -20% sur l'addition totale d'un intranet, et un gain plus diffus mais réel sur le testing et la maintenance à moyen et long terme.

En conclusion : Merci Firefox ! Merci Chrome ! Sans la magistrale gifle qu'ils ont représenté pour Microsoft, le Web en serait encore au paléo-pathétique IE5.

Notes

[1] C'est qu'il ne faudrait pas tomber deux fois dans le même piège des technologies propriétaires qui ne sont pas normalisées. Bizarrement, l'aveu par Microsoft de la mise en retrait de Silverlight au profit du HTML5 est restée plus discret; Tom's Hardware en parle (en français), comme ZDNet US, ou ce site relevant les twits d'employés de Microsoft qui parlent de guerre interne entre projets (Silverlight, WPF, IE9).

jeudi 17 juin 2010

Free Mobile; ça se précise ...

En septembre dernier, je me hasardais à une analyse de ce que Free, fournisseur d'accès à internet, allait bien pouvoir faire d'une licence d'opérateur de téléphonie mobile.

Dans mon esprit, proposer une innovation de rupture, au moins commerciale, basée sur une connexion illimité en mobilité, sans en préjuger ni en imposer les usages (VOIP ou surf), était plus dans les gènes de Free que faire comme les autres en espérant être moins cher (ce qui ne serait pas facile). En "trichant" ainsi, il obtenait un avantage qu'il n'aurait pas en respectant les règles des opérateurs concurrents.

Les premières informations divulguées en fin d'année par l'ARCEP elle-même pour motiver son choix m'avaient conforté dans cette idée que Free allait d'abord positionner son offre comme une connexion internet mobile dont les usages seraient ceux que les terminaux de 2011 permettraient.

Ces jours ci, alors que le triumvirat des opérateurs en place rivalise d'offres de convergence "internet ADSL plus mobile" (le fameux quadruple-play) tout en mettant autant de bâtons que possible dans les roues de Free (voir à ce propos l'attitude de SFR); ses partenaires sur l'aspect matériel (Nokia, Alcatel et Huawei) on levé un coin du voile.

Le réseau que Free s'apprête à déployer sera bien 100% IP, permettant des débits bien supérieurs à ceux de ses concurrents grâce à la technologie I-HSPA.

A mon avis, Free anticipe le fait que les usages en mobilité sont de moins en moins liés à la voix, et prend le pari que ce mouvement va s'amplifier. Il prépare un véritable Internet Mobile, bien plus neutre dans ses usages, et dont la VOIP ne sera qu'un avatar parmi tant d'autres.

Drôle de concurrent !

vendredi 5 mars 2010

Pour faire un bon ordre, il faut un bon désordre !

Ainsi se justifiait ma grand-mère quand je lui demandais pourquoi elle venait de vider tout le contenu de son armoire sur son lit, son fauteuil, sa chaise, partout ! transformant sa chambre en véritable brocante.

C'est cette image qui m'est revenue à l'esprit lors d'une discussion sur la "bonne façon" de gérer ce courrier électronique qui devient de plus en plus envahissant. Je ne peux réellement juger que sur mon cas personnel, mais il est vrai que, si je l'imprimais[1], la masse de courriels que je reçois représenterait une quantité de papier bien supérieure à la quantité de publicité, pourtant non négligeable, qui encombre ma boite aux lettres. Et la tentation est grande de céder à cette boulimie de mémoire énorme que suscite la dématérialisation de ces informations. En démultipliant nos propres capacités mémorielles, cet "amplificateur de souvenir échangés" agit comme un levier intellectuel : il augmente notre sentiment de puissance.

Pourtant, bien des choses qui, si elles avaient eu la forme de pages imprimées, auraient finit dans les déchets (recyclables, bien sur), se retrouvent à encombrer nos boites au lettres électroniques. Pourquoi rechigne-t-on à recycler ces électrons que sont les informations numériques ? Je n'ai pas la réponse, et je dois bien avouer que je suis atteint de cette même manie : j'archive !

Seulement, la conséquence est une obésité croissante des moyens de stockage de ces informations; ce qui se traduit par un ralentissement progressif des outils qui les gèrent.

Certes, les techniques de stockage et les performances des machines s'améliorent; mais au delà de l'aspect technique se pose un problème de fonctionnement mental de l'utilisateur et de sa capacité à gérer une mémoire virtuelle supérieure à sa mémoire réelle. Et là, deux écoles s'affrontent :

  • Les tenants du classement, dignes fils spirituels de Linné[2], ayant pour devise la phrase : "Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place",
  • Les adeptes de l'étiquetage, préférant prévoir dès le départ les moyens de gérer une certaine dose d'imprévu, sans pour autant se laisser envahir par la pagaille.

Le classement impose une organisation "a priori", qui se retrouvera forcément imparfaite avec le temps, car bien malin est celui qui est capable de définir à l'instant T une structure qui restera valable à T+N.

A moins de disposer des talents d'un devin, on abouti en général soit à une structure arborescente immense, foisonnante et pour finir, ingérable, même pour son auteur, soit à des divisions moins nombreuses mais moins discriminantes, ce qui provoque une perte de temps immense dans des recherches devenues nécessaires; l'objet attendu se trouvant presque systématiquement là où on ne s'attend pas à le trouver.

J'ai souvenir d'avoir vu de mes yeux une personne atteinte d'Outlookite aigüe, devoir déplier poussivement une arborescence de plus de 200 dossiers pour retrouver quelque chose. Et il n'y arrivait jamais du premier coup parce que son classement qui paraissait évident et logique dans le contexte du moment d'arrivée n'offrait jamais le bon critère dans le contexte du moment de la recherche.

A contrario, l'étiquetage d'un immense vrac (les anglophones parlent de "tagging") libère du carcan de l'organisation préalable au profit d'une sorte de rangement opportuniste. Les tags procurent un classement virtuel souple (un objet ayant plusieurs étiquettes) qui n'existe pas avant qu'on s'en serve.

Avant que Gmail ne donne à ce concept une maturité et une diffusion large; seuls quelques clients de courriels étaient conçu pour cette forme d'utilisation (celui que j'utilisais à l'époque était TheBat ! Hé oui, c'était sous Windows).

Couplé à un outil de recherche performant, l'étiquetage permet de limiter les efforts d'organisation au maximum.

Les tenants du classement peuvent aussi avoir un outil de recherche performant, mais alors pourquoi perdre autant de temps à ranger si, au final, la recherche devient le seul moyen d'accéder à sa mémoire ? Car le pire, c'est que ceux qui ont pris conscience des failles de leur propre système de classement effectuent systématiquement une recherche "au cas où ce serait mal rangé" !

Pour ma part, j'utilise la méthode que j'appelle "principe du bureau encombré"; j'explique.

J'ai une boite de réception unique dans laquelle tout arrive (hormis le spam). Un premier jeu de filtres permet de pré-étiqueter certains messages en fonction de l'adresse sur laquelle ils ont été reçus (pro, privé, asso, etc.) ou de certaines caractéristiques de l'émetteur (banque, organismes, etc.). La seule et unique contrainte de cette méthode est de ne pas dépasser un certain nombre de messages dans sa boite de réception, arbitrairement fixé (50 chez moi), il correspond au nombre de "papier" que vous laissez trainer sur votre bureau en vous disant : "Il faut que je réponde." ou "Je dois traiter cette affaire." c'est à dire que la suite sera de donner un coup de fil, de prendre un rendez vous, de préparer quelque chose, que sais-je.

Tous les messages reçus ne rentrent pas dans cette catégorie, loin de là. Et même pour ceux qui nécessitent une action, elle est parfois très rapidement réalisée; bloquer un créneau sur son agenda et répondre qu'on l'a fait, ou transmettre un dossier qu'on a sous la main, voila comment dégonfler rapidement le flux des messages. Et le fait d'avoir effectué l'action requise, qui se limite souvent à la simple lecture du message, permet d'effectuer immédiatement l'un des deux seuls classements que cette méthode impose :

  • Classement vertical (comprenez, mise à la corbeille)
  • Classement horizontal (renvoi dans le grand vrac des archives, éventuellement revêtu de quelques étiquettes supplémentaires)

Que reste-t-il dans la boite de réception ? Pour les messages qui vont nécessiter un traitement de longue durée : mettre l'étiquette "A faire", éventuellement l'étiquette "Urgent", et zou ! Classement horizontal.

Je n'ouvre le dossier virtuel "A faire" que lorsque j'ai du temps. Et, quand je décide de traiter un message, j'explore les autres dossier virtuels qui découlent de ses étiquettes. Il n'est pas rare que la bonne action à entreprendre, qui n'était pas évidente au moment où le message est arrivé, soit devenue plus facilement définissable une fois le message placé au milieu des autres évènements relatifs au même contexte.

Et pour ceux qui craignent de voir s'endormir sous la poussière virtuelle des messages non traités, qu'ils se rassurent. Un mail inquiet de relance fera revenir tout le fil de discussion dans la boite de réception. Et quelque chose dont on jugeait qu'une action devait suivre au moment de la réception, mais qui s'en était très bien passé depuis des semaines doit être traitée sans attendre (s'il n'est pas déjà trop tard) et restera donc dans la boite de réception. Sinon, elle peut bien continuer à se passer de traitement ... définitivement (traduisez : "Fin de l'affaire par Classement vertical").

Je vous laisse à méditer une phrase aux relents militaires qui dit : "Il faut toujours attendre le contrordre avant d'exécuter un ordre, ça permet d'éviter le désordre."

Notes

[1] Comment ça ; "Certains le font !" ?

[2] Carl von Linné est connu pour avoir mis de l'ordre dans le foisonnement des espèces vivantes avec son ouvrage "Systema Naturæ" instaurant la nomenclature binominale.

samedi 19 décembre 2009

Les usages que Free prévoit avec sa licence

C'est officiel, Free vient de décrocher la fameuse quatrième licence 3G.

Dans un billet écrit voilà trois mois : Que va faire Free de sa licence ?, je me prenais à espérer de la part de Free un usage de cette licence qui corresponde à mes besoins, présents, mais surtout futurs.

Je viens de lire la décision de l'ARCEP qui, pour motiver son choix, lève un peu le voile sur ce à quoi Free s'est engagé. De là à déflorer en partie son futur modèle économique, il n'y a que quelques pas que je vous propose de franchir ensemble.

La neutralité du réseau, enfin

J'en était presque sûr (du moins, je l'espérais très fort), Free, qui a une culture réseau, sait combien sa neutralité est importante. Ils vont vendre de la connexion, avec des limites peut-être, mais dans le volume et le débit, pas dans le temps. Et les usages seront libres, pas bridés.

Que leur importe ce que vous faites du volume de données que vous avez acheté dans votre forfait ? Vous voulez faire de la VOIP avec ? Allez-y, le volume est payé, et ça ne menace pas le modèle économique qui n'est pas basé sur la vente de temps. D'autant que si c'est possible, le réseau Wifi sera utilisé à la place du réseau GSM. C'est souvent le cas des citadins lorsque ils sont chez eux; ils seront joint grâce à la couverture de la Box la plus proche. Cette économie d'échelle est confirmée plus loin dans le document de l'ARCEP.

De même, cette neutralité permettra de voir se développer des plateformes de service indépendantes des opérateurs. Fini le communautarisme qui interdit de composer sa palette de services en les achetant à droite, à gauche. Verra-t-on ainsi la fin de la télé d'Orange qui pourrait intéresser les abonnés d'autres réseaux mais qui leur reste interdite; de Vodafone Live, pré carré de SFR. Peut-être cette ouverture forcera-t-elle la main à une dissociation entre fournisseur de contenu et de tuyau, comme la télévision par ADSL, qui à fini pas s'imposer.

Toutes les plateformes de services pour mobile seront accessibles si elles le veulent bien. Google ayant la même approche sera surement de la partie; ce qui me fait espérer des terminaux basés sur Android. Combien d'autres seront volontaires pour laisser entrer des clients ? Y aura-t-il encore des fournisseurs mixtes cherchant à faire de la rétention de contenus pour protéger leurs tuyaux, prenant ainsi le risque du piratage, avec une perte qui serait alors sèche et totale ?

Convergence mobile-box

J'en rêvais, ils prévoient de le faire ! Les terminaux capable de communiquer en Wifi seront paramétrés pour faciliter l’établissement d’une connexion à un réseau WiFi (chaque Freebox pourrait servir de relai WiFi). Avec le temps, Free pourrait installer des hotspots dédiés dans les lieux publics et intégrer des femtocellules dans les Freebox.

Quand on sait qu'une étude du cabinet Accenture de 2008 révélait que 47% des utilisateurs de mobile estimaient que le fixe aurait disparu en 2010; et plus des trois quarts y voyaient un moyen de leur simplifier la vie. Peut-être que les numéros de téléphone IP (avec un préfixe en 09) seront ceux des premiers "abonnés convergents", permettant un numéro unique Fixe-Mobile, ce qui, toujours d'après cette étude, est le souhait de 57% de la population.

La fin d'une "vente liée" avec une posture éco-responsable

On apprend aussi que, contrairement à l'usage actuel, Free Mobile ne prévoit pas de subventionner les terminaux. Il choisi de proposer des terminaux à prix coûtant avec possibilité d’étaler le paiement sur plusieurs mois.

Le client que je suis va enfin pouvoir comparer le prix des téléphones proposés par Free avec celui des terminaux hors pack que proposent les opérateurs actuels. Les tarifs pratiqués sont souvent tellement prohibitifs qu'on en vient à se demander s'ils ne sont pas simplement destinés à dissuader le client d'acheter autre chose qu'un forfait. En pouvant comparer, on en aura le cœur net.

Et de souligner encore : En général, le tarif des offres actuelles ne diminue pas au delà de la période d’engagement initial, alors que le téléphone est intégralement payé, dévoilant ainsi l'une des plus grosses sources de revenus des trois opérateurs d'aujourd'hui.

Enfin, Free rajoute que cette dissociation incitera l’utilisateur à adopter une attitude rationnelle quant à la fréquence de renouvellement de son terminal. Au lieu de pousser à une obsolescence rapide, transformant des appareils parfaitement fonctionnels en déchets pas toujours bien recyclés, on peut espérer que la durée d'usage se trouvera allongée, approchant la durée de vie, et favorisant le développement durable.

Vivement 2012 !

Hélas tout cela ne va pas se faire demain matin. Les estimations sont que les premières offres soient commercialisées à partir du début de 2012. Il est donc plus que jamais important de ne pas souscrire un abonnement avec un engagement de plus de 12 mois à l'heure actuelle. Et si vous êtes amené à envisager un renouvellement, faites en sorte que votre terminal tout neuf permette le Wifi et tous les autres services que Free va proposer : La quasi-totalité des services multimédias développés par Free pour ses abonnés haut débit fixe sera disponible sur les mobiles.

Il ne reste plus qu'à attendre en observant la contre offensive des trois opérateurs en place, qui ne va pas tarder à s'organiser.

Sources : Outre la décision de l'ARCEP déjà citée, des éléments proviennent de l'excellente synthèse de Nil Sanyas sur PC Inpact que je félicite au passage et dont je ne saurait trop vous recommander la lecture.

dimanche 13 septembre 2009

Que va faire Free de sa licence ?

La quatrième licence 3G est officiellement à vendre, Free (iliad) est officiellement candidat à son acquisition et a promis, s'il l'obtient, de venir jouer les agitateurs dans un trio déjà condamné pour entente (sur le dos des consommateurs, évidement).

On voit donc fleurir un peu partout des articles sur ce que Free va faire de cette licence et sur le comment il pourrait se démarquer des concurrents déjà en place pour se faire la sienne. Les déclarations des uns et des autres font penser au jeu "Info ou Intox ?"; mais la virulence de certaines attaques qu'on dirait orchestrées[1] montre que le doute qui entoure cette possible arrivée sur le marché est générateur de craintes.

Que va faire Free de sa licence ? Proposer des forfaits téléphone (en durée), SMS (en nombre) et internet (en volume) similaires à ceux des autres opérateurs ? Passer des accords pour diffuser certains contenus (mais pas les autres) ? Il lui faudrait alors se battre uniquement sur le prix ou les contenus, ce ne serait pas la chose la plus simple.

Les techniciens de Free sont créatifs; ils l'ont prouvé en innovant régulièrement, et en entrainant derrière eux une concurrence condamnée, la aussi, à les suivre. Je suis persuadé qu'ils ont trouvé une idée pour changer un peu la règle du jeu et ainsi disposer d'un avantage au lieu de subir un handicap.

Qu'on se rappelle comment Free s'est fait sa place de FAI : en ne vendant, sous forme forfaitaire, qu'un simple raccordement illimité, en durée et en volume. un point, c'est tout. Le reste (téléphone, télévision, etc.) était offert peu à peu, sans supplément de prix, mais sans garantie; seul l'abonnement à Internet était facturé. Serait-il possible de réitérer le même coup en vendant un produit radicalement différent des autres ?

Et si Free se contentait de laisser ses clients définir les usages plutôt que de les leur imposer en jouant sur la neutralité du transporteur. Actuellement, la quasi totalité des smartphones savent faire du bluetooth et du WiFi en plus des bandes GSM. Ils peuvent aussi servir de clé 3G, même s'il faut parfois surmonter certains obstacles qu'on dirait volontairement mis en place. Ils pourraient alors être considérés avant tout, voire exclusivement, comme des objets mobiles d'accès à Internet, utilisant le moyen le plus économique pour être connecté de façon permanente : le Wifi de la Freebox du domicile, celui du réseau Freephonie ou du FreeWiFi, le réseau GSM de la quatrième licence n'intervenant qu'en dernier lieu.

Une fois connecté par l'un de ces réseaux, pourquoi changer la tarification des usages qui est celle liée au PC, fixe ou portable ? Avec lui aussi on peut téléphoner, regarder la télévision, l'enregistrer, etc. Et pourquoi interdire l'usage du mobile en tant que clé 3G quand seul ce réseau est disponible ?

J'ai dans l'idée que le FreeMobile sera un tactile (parce que c'est dans l'air du temps) tournant sous Android (parce qu'il sera moins couteux, y compris pour les logiciels maisons à installer dessus) capable de choisir le réseau le plus économique (pour Free) qui lui permette une connexion Internet illimitée. Une fois connecté, des applications mise à disposition pour la VOIP et d'autres usages passeront par les réseaux de Free.

Je prévois une sorte de mélange entre Skype et Google Voice qui profite de la même tarification que l'actuelle offre de téléphonie de Free; gratuit et illimité vers les fixes et plein de pays et même sur les portables aux USA et au Canada. Et entre deux FreeMobiles aussi : gratuit et illimité. Et le bouquet de chaînes TV aussi : gratuit et illimité (si vous êtres en WiFi). Tout ça pour un prix forfaitaire venant en plus de l'abonnement ADSL (ou FTTH pour les chanceux) et qui ne se rapporte qu'à la connexion du FreeMobile à Internet.

Voilà un modèle innovant, différent, qui change les règles du jeux et qui, pour cela, peux gagner. En attendant que la concurrence abandonne ses rentes et en vienne à fournir un service plus ou moins équivalent. Comme le nombre d'abonné non-dégroupés qui baisse régulièrement, parce qu'il est difficile de faire payer les communications à la durée quand on fait déjà payer la ligne, les gens qui achèteront des forfaits de temps de parole se feront rare, remplacés par ceux qui auront juste payé un forfait pour être connectés en mobilité et de façon permanente.

Il est possible que je fasse fausse route, que ce que j'attends comme produit pour moi ne soit pas un modèle économique viable. Mais je crois que l'occasion est trop belle pour eux d'innover encore une fois dans un domaine où rien n'a changé depuis trop longtemps. J'en ai rêvé, que Free le fasse !

Notes

[1] A tel point qu'on parle de campagne TSF : Tout Sauf Free

lundi 7 septembre 2009

Firefox, trop cher ...

"Firefox coûte trop cher."

Surpris ? C'est en tout cas le sens de la réponse[1] donnée par Hillary Clinton et Patrick Kennedy à un fonctionnaire récemment arrivé au Département d'État (DoS). Ce dernier faisait remarquer que Firefox était massivement utilisé dans son ancien service (le NGA) pour sa meilleure sécurité et s'étonnait de ne pas en disposer dans son nouveau poste.

Outre les applaudissements de soutien des autres fonctionnaires à cette suggestion, et les rires provoqués par la réponse, il reste que l'explication avancée tient la route : "Rien n'est jamais gratuit.". Le surcoût inhérent au déploiement et à l'administration d'un logiciel supplémentaire dans une organisation de la taille du Département d'État n'est pas nul, même si le logiciel en lui même n'a pas de coût de licence. Ce n'est pas la première fois qu'il faut rappeler cette réalité; oui, l'usage de l'Open Source à un coût non nul. C'est ailleurs et autrement qu'il se révèle économiquement rentable.

En ce qui me concerne, c'est une autre phrase prononcée par Hillary Clinton qui a attiré mon attention :

When the White House was putting together the stimulus package, we were able to get money that would be spent in the United States, which was the priority [...]

Elle rappelle que l'argent débloqué par la Maison Blanche pour la relance de l'économie devait, en priorité, être dépensé dans les États Unis.

Dans le cas des États Unis, les charges d'administration des systèmes aussi bien que les licences payées à Microsoft répondent toutes deux à cette contrainte. Il s'agit donc bien d'un surcoût, et aucune des deux dépenses n'étant plus politiquement correcte que l'autre, chercher à économiser sur l'un pour financer l'autre ne leur semble pas urgent.

Dans nos contrées, par contre, ce type de (sur)charges fait vivre l'économie locale et nationale, ce qui n'est pas le cas des licences. Rechercher, par l'usage de l'Open Source, à changer le bénéficiaire des coûts de fonctionnement des SI devrait être un objectif commun à toutes nos entreprises, avec l'État en première ligne, pour donner l'exemple.

Mais quand on voit le sort réservé au RGI, on peut craindre un grand manque de volonté sur ces questions.

Notes

[1] Ceux d'entre vous qui comprennent l'anglais peuvent retrouver la transcription de cet échange ici ou en voir la vidéo . C'est à 26'30 du début, et c'est savoureux.

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