Equipement informatique : pro ? perso ? les 2 !

Il semble qu'une très ancienne pratique soit en train de réapparaitre dans certaines entreprises par le biais des Technologies de l'Information et de la Communication. Le BYOT cacherait-il un retour du compagnonnage ?

Dans ce billet, Louis Naugès propose de traduire en AVOP l'acronyme anglo-saxon BYOT (Bring Your Own Technology).
AVOP : pour Apportez Vos Outils Personnels.

En substance, cette pratique consiste simplement à travailler avec ses outils, ceux qu'on a choisi, par un processus parfois long, ceux qu'on a fait à sa main et que, par là même, on maitrise mieux que les autres. Mais est-ce vraiment si nouveau ?

Quand on y réfléchit, cette pratique est aussi ancienne ... que le travail; ou presque. Les chefs cuisiniers emportent leurs couteaux en changeant de restaurant. Les charpentiers ont leur équerre, leur fil à plomb; les menuisiers leurs ciseaux à bois.
Dans tous ces métiers, la prothèse physique que constitue l'outil et celui qui s'en sert se sont appairés avec le temps pour former un tout plus performant qu'au début de leur rencontre.

L'informatique est la première prothèse inventée par l'homme qui ne soit pas physique; elle est un prolongement de l'esprit humain. Et ce n'est pas l'objet numérique matériel qui importe, mais bien l'assemblage d'outils logiciel qu'il porte et qui nous servent à prolonger et amplifier nos sens et notre volonté. Ainsi équipés, et après un temps d'adaptation parfois long, certains deviennent des virtuoses de la mise en œuvre des technologies de l'information.

L'AVOP[1], c'est simplement reconnaitre qu'un mariage forcé ne vaut pas un mariage d'amour. Et les dirigeants qui rechignent à envisager la chose devraient immédiatement rempocher leur Mont Blanc et continuer à travailler avec le Bic Cristal réglementaire.

En fait, l'AVOP existe depuis longtemps, mais de façon discrète. Je l'ai moi même utilisée dans un environnement où l'informatique Corporate ne me permettait pas d'installer et de disposer de mes outils habituels, ceux avec lesquels j'atteins ma productivité nominale avec aisance et confort.

Les problèmes de cohabitation sont réels; mon outil ne disposant pas des composants compatibles et des certificats requis, l'accès au SSO[2] et à certaines ressources ne m'était pas possible.

La virtualisation d'une machine contenant le Master Corporate à été le moyen trouvé pour contourner ce problème et m'offrir par la même occasion le meilleur des deux mondes : la machine virtuelle me donnant accès aux informations que je traitais avec les outils de la machine physique.

Les tenants de l'informatique uniformisée et verrouillée devraient se rendre compte qu'en imposant un outil identique à tous, ils demandent inconsciemment à leurs employés de laisser leur sens de l'initiative à la porte de l'entreprise pour n'y être que des exécutants n'ayant qu'une bien moindre valeur ajoutée.

De telle entreprises auront du mal à retenir les jeunes talents de la génération des natifs du numérique; et à lire cet autre billet de son blog, ce n'est pas Louis Naugès qui dira le contraire.

Notes

[1] J'adopte l'acronyme proposé par Louis Naugès.

[2] SSO : Single Sign On : Dispositif permettant une authentification unique de l'utilisateur au sein du Système d'Information de l'entreprise qui ouvre toutes les portes avec un seul tour de clé dans l'une d'elles. On trouve maintenant des dispositifs similaires sur Internet, comme OpenID, qui permettent d'être automatiquement identifié et authentifié sur plusieurs sites par un tiers de confiance après s'être une seule fois authentifié auprès de lui.

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