mardi 24 novembre 2009

Agrandir un disque virtuel dynamique de VirtualBox

VirtualBox est un outil fantastique dont j'ai parlé plusieurs fois, notamment dans mon dernier billet. Il est simple d'utilisation, et met la virtualisation à la portée de tous, avec une interface graphique facile à prendre en main; une excellente traduction et une nombre impressionnant de sites proposant des tutoriels de qualité, dont beaucoup sont en français.

Cependant, il arrive parfois qu'on doive faire appel à cette satanée ligne de commande, chère aux geeks de tous poils, pour certaines tâches sortant un peu de l'ordinaire. Agrandir un disque virtuel prévu trop petit, même s'il est dynamique, est une de ces tâches, et elle est moins simple qu'il n'y parait.

En effet, rien n'est prévu pour réaliser cette opération. Il faut donc créer un nouveau disque plus grand, y transférer l'image de l'ancienne partition par clonage, agrandir la partition pour lui faire occuper tout l'espace du nouveau disque, tester, puis, si tout est bon, basculer définitivement.
Attention : ne supprimez pas le fichier contenant l'ancien disque avant d'être certain que le nouveau est pleinement opérationnel.

Définissons dans un premier temps les pré-requis de départ :

  • VirtualBox est installé et opérationnel (dans le cadre de ce tutoriel, la version utilisée est la 3.0.12)
  • La taille maximale d'origine du disque qui vous pose ce problème de taille est supérieure à 4 Go (les disques plus petits ne peuvent être agrandi par cette procédure)

On supposera aussi que ce disque virtuel réside dans l'emplacement par défaut : ~/.VirtualBox/HardDisks.
Voici maintenant comment il faut procéder :

1 - Création du nouveau disque de taille supérieure

Cette opération peut bien entendu être réalisée via l'interface graphique, mais comme nous avons choisi de jouer au geek, utilisons donc la commande suivante :

VBoxManage createhd --filename NouveauDisque.vdi --size 20000 --remember

Ceci va créer un nouveau disque dur dynamique d'une taille maximale de 20 Go (20000 Mo) qui prendra la forme du fichier ~/.VirtualBox/HardDisks/NouveauDisque.vdi (emplacement par défaut); l'option --remember ayant pour effet de référencer ce nouveau disque dans la liste des supports virtuels déclarés.

2 - Clonage de l'ancien disque vers le nouveau disque

Cette opération là ne peut pas être réalisée autrement qu'avec la commande suivante (les geeks ont donc raison, c'est plus puissant) :

VBoxManage clonehd AncienDisque.vdi NouveauDisque.vdi --existing

Bien entendu, vous devrez remplacer les noms AncienDisque.vdi et NouveauDisque.vdi par ceux qui conviennent dans votre cas, éventuellement en remplaçant le nom par le path explicite complet si ceux ci ne sont pas situés dans le répertoire par défaut.

3 - Attacher le nouveau disque à la place de l'ancien

Cette opération est certainement celle qui est la plus facile à réaliser avec l'interface graphique, mais continuons à jouer au geek et utilisons pour le faire les deux commandes suivantes; la première détache le 'vieux' disque, la seconde attache le nouveau, fraichement cloné :

VBoxManage modifyvm NomMachineVirtuelle --hda none
VBoxManage modifyvm NomMachineVirtuelle --hda NouveauDisque.vdi

4 - Agrandir la partition clonée pour occuper tout le nouveau disque

Pour réaliser cette opération il peut être nécessaire de vérifier dans la configuration de la machine dans quel ordre elle exploite ses ressources pour booter. En effet, cette opération ne doit pas être réalisée par VirtualBox lui même, mais requiers de lancer une outil dédié à ce genre de manipulation; GParted Live est une excellente idée, libre et gratuite, mais d'autres peuvent mieux vous convenir en fonction de vos habitudes (System Rescue CD, ou le live CD de votre distribution favorite).

Placez l'image ISO de l'outil de votre choix en source primaire de boot de votre machine virtuelle. Si j'ai l'image de GPartedLive dans mon home, la version ligne de commande sera :

VBoxManage modifyvm NomMachineVirtuelle --dvd ~/gparted-live-0.4.8-6.iso

Démarrez là, procédez à l'agrandissement de la partition en vous référant au manuel de l'outil que vous avez choisi; puis arrêtez votre machine.

5 - Tester le démarrage avec le nouveau disque

Retirez l'image ISO de votre lecteur de CD virtuel. Là encore, jouons là geek :

VBoxManage modifyvm NomMachineVirtuelle --dvd none

Normalement, une fois l'image ISO retirée, le nouveau disque devrait redevenir celui sur lequel se fait le démarrage. Vous pouvez toujours vérifier dans la configuration de la machine, deux précautions valent mieux qu'une.

Démarrez la machine virtuelle et vérifiez que tous ce passe normalement. Contrôlez que l'espace disponible est maintenant conforme à la nouvelle taille définie au départ et que l'opération qui vous a amené à devoir agrandir votre disque peut maintenant s'exécuter sans se plaindre d'un manque de place.

6 - Éliminer l'ancien disque dur

Lorsque tous ces contrôles sont positifs et que vous êtes vraiment sûr que l'ancien disque ne vous est plus d'aucune utilité, vous pouvez le retirer de la liste des supports virtuels et détruire le fichier qui le contenait. C'est très simple à faire avec l'interface graphique de VirtualBox, mais puisque nous avons choisi d'être geek, allons jusqu'au bout :

VBoxManage closemedium disk AncienDisque.vdi

Et pour l'effacer (sous réserve qu'il soit situé dans son emplacement par défaut)

rm ~/.VirtualBox/HardDisks/AncienDisque.vdi

Voilà, c'est tout. Votre machine virtuelle est prête pour de nouvelles aventures.

vendredi 13 novembre 2009

Pourquoi je suis opposé au dual-boot

Les lecteurs assidus le savent, je fais partie d'un association (l'ABUL) qui participe à la propagation de l'Esprit Libre en général, et des logiciels du même nom en particulier. Il est donc tout naturel qu'il m'arrive de participer aux Installs Parties organisée par notre association ou d'autres, comme le Giroll, poursuivant les mêmes buts.

Pour ceux qui l'ignorent, une Install Partie est une manifestation destinée à faire se rencontrer des utilisateurs de distributions Linux, qui compensent des niveaux de compétence variés par une disponibilité très élevée, et des futurs utilisateurs, hésitants à se lancer ou, ayant eut le courage de le faire, se trouvent confrontés à des problèmes nouveaux, et donc apparemment insurmontables. La plupart arrivent d'ailleurs avec leur "problème" sous le bras, pleins d'un espoir rarement déçu, tant les bonnes volontés abondent.

Ces manifestations sont le théâtre de scènes dont le scénario est le plus souvent le suivant :

  • Mr MICHU[1] a acheté il y a quelques semaines (mois) un ordinateur avec Windows XP (ou Vista, ou Seven) pré-installé,
  • Tout content, il s'est empressé de tester tout ce qu'il y avait dessus, plus tous les programmes géniaux conseillés par des amis pires que ceux de Voltaire[2],
  • Bientôt, le système commence à montrer des signes de fatigue (lenteur au démarrage) et d'instabilité (BSOD et autres message d'erreurs abscons dont la firme de Redmond s'est fait une spécialité),
  • Les recours techniques variés (réinstallation, réinstallation ou ... réinstallation) sont restés sans effet sur la machine (tout comme les médecines douces sur les migraines de Mr MICHU),

Arrivé à ce stade, quelques uns (dont Mr MICHU) osent envisager une solution qui effraie encore le plus grand nombre : passer sous Linux !

Courageux, mais pas téméraire, Mr MICHU vient remettre son destin, en même temps que son PC, dans les mains de ces Linuxiens, gentils mais bizarres. Et c'est le plus souvent pour le rassurer qu'on lui explique qu'on peut s'installer "à coté", sans rien détruire. Et de lui expliquer en mots aussi peu techniques que possible en quoi consiste un dual-boot; le PC à double démarrage, permettant de choisir quel monde lancer lors de la mise sous tension.
En faisant cela, on laisse la source des tous les maux subit par Mr MICHU tapie au sein de la machine, prête à réaffirmer sa prééminence sur le territoire à l'occasion d'un choix de démarrage ou d'un problème plus sérieux.

Car il faut bien l'avouer, et le constat est amer. Le plus souvent, Mr MICHU demande à ce que le système libre nouvellement installé ne soit pas celui lancé par défaut; le reléguant au rôle d'animal de foire qu'on ressort quand il y a du monde, pour montrer à quel point on est un rebelz, mais avec lequel on ne noue aucune relation suivie, trop effrayé de perdre les quelques habitudes prises avec l'OS de Microsoft et que l'on s'imagine être de la maitrise.

Bizarrement, pour horripilante et vexante qu'elle soit, ce n'est pas cette attitude qui me pousse à ne jamais proposer un Dual-Boot mais plutôt, en lieu et place, l'installation d'une machine virtuelle dans laquelle une instance du système propriétaire pourra faire son nid. Reprenons le problème dans l'autre sens : quelles raisons valables peuvent justifier de ne pas éradiquer définitivement et totalement le squatter livré avec 99,9% des PC (hors Apple) ? Il n'y en a qu'une : l'usage d'un logiciel particulier, n'ayant pas de version Linux, ni d'équivalent ou d'alternative crédible tournant sur le système libre.

Pour qu'une véritable adoption puisse se produire avec l'environnement Linux choisi, il faut qu'il soit le nouveau territoire dans lequel l'utilisateur se retrouve systématiquement par défaut, reléguant Windows au rôle d'ancien système, disponible au cas où le besoin d'obtenir un résultat ne souffrirait pas de patienter le temps de l'acquisition de nouvelles habitudes, et finalement destiné à être oublié au fur et à mesure de la prise de nouveaux repères.

Si donc une bonne raison existe d'accepter dans un premier temps une cohabitation, d'autres raisons me font délaisser le dual-boot, et elles sont pragmatiques et reposent sur les arguments suivants :

  • Lors de l'usage du logiciel propriétaire, il est bien dommage de ne pas profiter de l'intégration à l'environnement libre que permet la virtualisation. Faire un copier/coller entre son logiciel propriétaire sous Windows et son traitement de texte sous Linux pour illustrer un dossier, c'est tout de même pratique; et le dual-boot ne le permet pas.
  • La fragilité de Windows, surtout lorsqu'il sert de socle à tous les programmes accédant à Internet, oblige à d'infinies et couteuses précautions : antivirus, pare-feu et autre dispositifs de protection. Cantonné à l'exécution d'un unique programme, il peut se passer de toute cette artillerie. Et s'il peut même se passer de connexion; il y gagnera en légèreté et en stabilité.
  • A force de continuer à lancer Windows, les inconvénients subit plutôt surviendront à nouveau. Le risque que l'installation de Linux soit rendue indisponible en cas de réinstallation de Windows avec les supports de restauration créés lors de l'achat; ou pire, qu'en l'absence de supports, le reformatage soit complet. Là, la disparition de Linux serait totale, ainsi que des données qui lui ont été confiées, ce qui serait mauvais pour sa réputation, alors qu'il n'y est pour rien !

Ce sont toutes ces raisons qui me pousse à proposer la virtualisation à Mr MICHU, comme solution à d'éventuels besoins que Linux ne satisferait pas.

Une fois transformé en bac à sable à la fragilité toute relative, puisqu'il devient très facile à restaurer (une simple copie de fichier suffit), Windows ne fait plus courir de risque au Linux qui l'héberge, le laissant faire la démonstration de sa stabilité et lui donnant le temps de convaincre de sa richesse.

Finalement, je ne vois que deux raisons de ne pas opter pour une socle libre hébergeant un OS propriétaire virtualisé :

  • Mr MICHU est un Hardcore Gamer et n'envisage pas une seconde de lâcher sa plateforme PC pour une console de jeu.
  • La licence de Windows détenue par Mr MICHU ne permet pas, explicitement, ce type d'usage.

Je n'ai pas vu beaucoup d'exemplaires du premier type de client dans les Installs Parties; et tout ce que je proposerais à un Gamer serait de tester Linux dans une machine virtuelle pour qu'il apprenne à l'apprécier, mais je n'ai aucun argumentaire valable à lui opposer (il a déjà dit 'non' pour la console), et surtout, je sais que virtualiser un OS libre est tout ce qu'il y a de plus légal.

Car pour ce qui est de virtualiser les diverses moutures de Windows, les choses ne semblent pas claires, du moins pour un non spécialiste tel que moi. Les seules informations à peu près compréhensibles ne semblent s'intéresser qu'aux versions Server, aux usages en entreprise ou à la flexibilité des licences en volumes[3].

Le cas qui m'intéresse, en tant que particulier, et celui de l'utilisation de la licence OEM qu'on attrape par cette forme de grippe trop peu médiatisée nommée "Vente Liée". Cette licence, pour ce que j'en ai compris, est liée au PC avec lequel elle est livrée. Elle ne peut être déplacée ou réutilisée sur une autre machine, même si elle n'est plus utilisée sur sa machine d'origine. Et c'est dans l'interprétation même du mot "machine" que réside peut-être le piège.

Dans mon esprit, le fait de virtualiser un Windows sur la machine même avec laquelle il a été acquit correspond à un changement de composant obligeant, au plus, à une réactivation de la licence. Mais je sais à quel point le bon sens est trompeur en matière de justice et de droit. La licence est un contrat commercial, domaine où le législateur laisse le rédacteur du contrat libre d'user de l'arbitraire dans l'élaboration des clauses d'usage, ne laissant au contractant qu'une liberté, celle de décliner l'offre.

Et vous, qu'en pensez vous ?

Notes

[1] Mr MICHU est l'homologue français du célèbre Mr X, bien connu outre atlantique.

[2] En référence à la citation prêtée tantôt à Voltaire, tantôt à Kant, et popularisée notamment par Sacha Guitry : "Seigneur, préservez-moi de mes amis, les ennemis je m'en charge !"

[3] Les juristes en mal de cas d'école consulterons avec intérêt cette pageVMWare semble se plaindre de la complexité des règles que Microsoft impose à l'utilisation de ses OS en environnements virtualisés, obstacles juridiques plus difficiles à surmonter que les problèmes techniques dont on fini toujours par venir à bout.

jeudi 29 octobre 2009

Grosse journée !

Ce 29 octobre sera une grosse journée, avec la survenue de 2 évènements d'importance :

  • La sortie du livre "La bataille HADOPI", pile le jour de la publication de la loi au Journal Officiel.
  • La sortie de la version 9.10 d'Ubuntu, affectueusement nommée "Karmic Koala"[1].

Cette coïncidence souligne le fossé toujours plus grand qui se creuse entre ceux qui ont fait de la notion de partage, issue du plus profond de leur culture[2], le fondement d'une action de mise en commun des savoirs pour produire et diffuser une richesse nouvelle, et ceux qui mènent des combats d'arrière garde, espérant faire perdurer des modèles basés sur la raréfaction organisée de ces mêmes savoirs (comprendre 'savoir' au sens vaste des productions de l'esprit, artistiques, philosophiques ou scientifiques).

C'est comme d'espérer obliger les assoiffés à acheter de l'eau en bouteille alors qu'il pleut ! Les plus fous pensent arriver à empêcher la pluie, les plus veules n'envisagent que la coercition pour interdire aux gens de marcher dehors la bouche ouverte ...

Je retourne surveiller le site officiel d'Ubuntu, ça ne va plus tarder ... j'ai soif, d'un coup.

Ah, et puis ce 29 octobre est également le quarantième anniversaire de la première communication entre deux machines du naissant réseau ARPANET, ancêtre de notre Internet. Alors ? bon ou mauvais augure ?

Notes

[1] A ce propos, je prépare un petit Howto expliquant comment installer une version allégée d'Ubuntu que je vais m'empresser de mettre en œuvre avec cette nouvelle version. A bientôt pour un dossier Karmic KoaLight.

[2] Le nom même de la distribution, Ubuntu, est porteur de ce concept de communauté et du rapport positif de l'individu aux autres.

mardi 13 octobre 2009

RMS sera-t-il Prix Nobel d'économie un jour ?

Richard Matthew STALLMAN, affectueusement surnommé RMS par tous ceux qui voient en lui, au delà de la paternité de la licence GPL, l'un des pères fondateurs d'une certaine éthique de la collaboration, est sans conteste un personnage connu.
Très connu, même.
Bien plus, au moins dans un certain grand public dont je fais partie, que les lauréats successifs de l'illustre récompense que constitue le Prix Nobel d'économie.

Car s'il est vrai que, si suivant son niveau d'intérêt sur les divers domaines de la science ou des arts, on connait parfois les lauréats des Prix Nobel de chimie ou de physique, on essaie de comprendre les implications que peut avoir dans le quotidien le Prix Nobel de médecine et on a l'attention attirée sur l'œuvre de celui qui décroche la timbale en littérature, il faut bien admettre qu'il faut être de la partie pour avoir son lecteur RSS branché sur les blogs de ces grands méconnus du commun des mortels que sont les économistes que le jury Nobel désigne annuellement.

Et encore, au vu des récents déboires de l'édifice économico-financier conçu par leurs prédécesseurs pas si lointains, il faut bien admettre que les économistes ont acquit une réalité et une substance qui n'est pas étrangère à leur soudaine prolifération de l'an dernier sur les plateaux de télévision où ils venaient l'un après l'autre, suivant leurs obédiences et leurs convictions, expliquer que le système était parfait et n'avait aucun problème, mais qu'il fallait quand même remettre de l'argent là où on avait déjà mis toutes nos économies parce qu'elles n'y était plus, même si personne ne les avait volées[1].

Cette année, le jury Nobel à fait montre d'un peu de parité tardive en désignant une femme, Elinor Ostrom[2]. Mais s'il y a quelque chose d'un peu surprenant dans cette désignation, ce n'est pas le sexe de l'élue.

La raison invoquée pour cette désignation est qu'elle a "démontré comment les biens communs sont efficacement gérées par des associations d'usagers[3]" (traduction libre).

En général, quand les mots "biens communs" et "associations" franchissent les lèvres d'un économiste, c'est accompagné d'un rictus de dédain (pour le moins), jamais pour en faire l'éloge.

Jamais ? Voire ! Après Paul Krugman l'année dernière, et Joseph Stiglitz 7 ans plus tôt, c'est la troisième fois qu'un "Nobelisé" reconnait le bien fondé et l'effet économiquement positif[4] des circuits alternatifs de production et de distribution intégrant de manière innovante la grande vague de numérisation globale qui atteint toutes les informations et toutes les connaissances humaines, art inclus.

Et là, c'est spécifiquement pour avoir montré l'aspect positif de ce modèle co-productif et co-dirigé que connaissent bien les participants du mouvement Open Source, rompus à la collaboration, que cette éminente personne s'est vue récompensée.

Si ces thèses, hier hérétiques et aujourd'hui encensées, deviennent de plus en plus crédibles; alors RMS aura son Nobel ! Ce n'est qu'une question de temps !

Sources :

Numerama
Le Monde

Notes

[1] Ça ne vous parait pas clair ? C'est pourtant la meilleure synthèse, au sens raccourci dans le temps, que je puisse proposer, des près de six mois de doctes discours de distingués économistes pas toujours bien répétés par quelques journalistes présentateurs ou hommes politiques désignés d'office pour endormir rassurer les masses. Et il faudrait que Mme Michu arrive à suivre ...

[2] Elinor Ostrom partage ce prix avec un autre économiste, Oliver Williamson.

[3] Elinor Ostrom has demonstrated how common property can be successfully managed by user associations (source)

[4] Le mot "enrichissement" ne fait pas vraiment partie du vocabulaire de ces professionnels, mais c'est bien de ça qu'il est question. Une autre terminologie politiquement correcte est de faire l'éloge de la capacité des modèles économiques alternatifs à être générateur de valeur.

mercredi 30 septembre 2009

Paraphons avec Gmail

A ceux qui ne l'auraient pas encore deviné, je confesse être un utilisateur quotidien et enthousiaste des services de Google; et en tout premier lieu de leur solution de courriel, axée le célèbre Webmail dénommé Gmail, qui à ma préférence depuis quasiment sa mise à disposition.

Ce choix résulte d'un processus évolutif qui m'a fait passer d'un compte mail chez Free auquel j'accédais avec un programme nommé The Bat![1] en mode POP avec un client lourd[2], à un compte Gmail, utilisé exclusivement en mode Webmail.

Avant Gmail, le passage d'un client lourd, performant, vif et réactif, à une interface de type Webmail était inenvisageable. Il n'a été rendu possible que grâce à l'excellent travail fait par les ergonomes et les programmeurs de chez Google, bien secondés par l'amélioration constante des performances des navigateurs[3] et des moteurs d'exécution Javascript.

Le résultat est une Web Application performante, innovante, bidouillable à souhait par le biais d'extensions de Firefox (Better Gmail, Greasemonkey); adaptable aux goûts et aux besoins de chacun.

Les fonctionnalités de départ ont fortement évolué, permettant maintenant d'accéder à son compte avec des clients lourds (comme Thunderbird, Evolution ou Sylpheed) en mode POP (avec rapatriement des courriels sur le poste local) ou IMAP (les courriels restant stockés sur le serveur).
Il est également possible de rassembler les courriels reçus sur plusieurs autres comptes en demandant aux serveurs de Google d'aller les chercher à votre place et de les insérer au sein de ceux reçus sur votre adresse @gmail.com.
Les filtres à la réception permettent d'affecter un libellé aux courriels venant d'un compte particulier et d'utiliser automatiquement l'adresse du compte externe comme émetteur lors des réponses.

Mais il manquait un petit quelque chose bien pratique, auquel j'étais habitué avec mon ancien client lourd, la possibilité de définir une signature particulière pour chacun des comptes différents gérés de façon centralisé.
En effet, il est bien plus simple de laisser la machine décider, en fonction de l'adresse à laquelle mes correspondants on écrit, quelle signature il faut choisir :

  • à ma fille, qui m'écrit sur mon adresse privée, un simple A+, Christophe suffit bien largement,
  • aux personnes qui utilisent mon adresse professionnelle, une carte de visite avec mes coordonnées complète s'impose,
  • aux collègues du monde associatif qui usent de mon adresse principale, un paraphe sobre et cordial est plus adapté.

Les grandes forces de la création collaborative à l'œuvre partout sur internet allaient-elles laisser longtemps ce besoin, somme toute banal, sans une réponse appropriée ? Bien sûr que non ! Le résultat est une extension qui permet d'affecter automatiquement jusqu'à 4 signatures différentes pour chaque compte géré, l'une de ces signatures étant choisie par défaut, y compris pour le compte principal.

L'extension en question s'appelle Blank Canvas Gmail Signatures, elle s'installe en français et cohabite sans soucis avec les quelques autres qui complètent "mon" Firefox, même avec FireGPG, autre extension de Firefox dédiée à Gmail et destinée à crypter sur les serveurs de Google, mes informations sensibles.

Voilà ! Si comme moi vous utilisez Gmail, et peut-être bientôt Wave, vous avez la solution pour parapher avec à propos et facilité.

Notes

[1] Ce client mail peu connu était l'un des rares à disposer, voilà déjà près de 10 ans, de la fonction de dossier virtuels (regroupement de fils de discussions basé sur des recherches multi-critères) qui préfiguraient le tagging (usage des libellés) que j'ai retrouvé dans Gmail, méthode d'organisation qui est autrement plus efficace et productive que les interminables arborescences de dossiers que semblent affectionner les utilisateurs d'Outlook.

[2] Quand on a goûté à l'archaïsme de leur webmail par défaut, horde/IMP, et à la relative lourdeur (certes esthétique) de Zimbra, on réalise vite que seul un client lourd peut en rendre la manipulation supportable.

[3] C'est maintenant vrai avec tous les navigateurs, même Internet Explorer, puisqu'il peut rattraper son retard chronique avec l'ActiveX Chrome Frame qui lui greffe le moteur de rendu et l'interpréteur Javascript de Chrome.

mardi 22 septembre 2009

Jaune + Rouge = Orange

On voit un peu partout des billets pour s'élever contre le message tendancieux de la dernière publicité d'Orange qui tendrait à faire penser qu'il existe un Internet de monsieur tout le monde, et celui de l'abonné Orange, dont on suggère, sans plus de précisions, qu'il peut être meilleur ou pour le moins, différent.

Je suis d'accord avec ceux qui trouvent très discutable d'instiller cette idée, qui n'est autre que l'affirmation qu'il est possible qu'il existe une version privatisée du réseau des réseaux, et de sous-entendre qu'elle serait mieux, alors que ce contenu privé n'est que l'arbre qui veut faire oublier l'immense foret d'Internet.

Je ne reviendrais pas sur les discussions, argumentées ou pas, sur le lien entre cette campagne et un travail de sape dirigé contre la neutralité des réseaux. Non, à mon sens, le plus inquiétant est ailleurs. Il s'avance discrètement, masqué, et, comme le Diable, revêtu des meilleures intentions. J'illustre mon propos par deux liens :

Je peux comprendre que la présence de publicité autour des contenus puisse paraitre choquante pour certains contributeurs de l'Encyclopédie Libre, mais il me semble que la licence de Wikipédia permet ce genre de mashup; mieux vaut donc en rire ... même s'il faut pour cela rire jaune.

Non, ce n'est pas ça qui m'a fait voir rouge, c'est en premier lieu que, dans sa version Orange, il n'est plus possible de participer à l'amélioration du contenu. Cette possibilité n'est même pas mentionnée, tendant à promouvoir une forme très Minitel 2.0 d'Internet, qui cantonne l'utilisateur dans un rôle passif.

Cerise sur le gâteau, au cas où certains voudraient en savoir plus, la réponse pour le moins ciblée du moteur de recherche maison sur le terme "wikipedia" lui même s'empressera de les ramener dans l'enclos.
La voici :
Wikipedia et Orange

Comme on dit : "La boucle est bouclée". Après l'affaire des DNS menteurs de SFR, voilà encore une écorchure dans l'irréprochable neutralité d'un autre grand opérateur.

Orange, après m'avoir fait rire jaune, est en train de me faire voir rouge.

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